S’il fallait retenir une seule image de la maladie chronique… il est où le bouton stop ?
- elodie850
- 26 nov. 2024
- 3 min de lecture

En avril 2020, pendant le Covid, je publie quelques articles qui sont fondateurs dans le projet Dark Passengers. Voici le premier.
Je suis chef d’entreprise depuis 2007 et diabétique type 1 (forme chronique et sévère chez moi) depuis 2003. Les deux se parlent, s’inspirent mutuellement. Je vais vous raconter pourquoi !
il n’y a que deux modes et pas de bouton stop. Un peu comme pour une entreprise !
Le diabète est permanent. Il ne dort jamais. Il peut cependant changer de mode.
Le mode très dégradé est le tsunami, la très grosse crise qui chez moi prend la forme d’un coma, dont je suis sorti vainqueur plus de 30 fois, mais qui peut tout balayer à chaque fois. Je le développerai plus tard.
Le mode principal (heureusement d’ailleurs), celui qui nous intéresse aujourd’hui, c’est quand les éléments sont sous contrôle, c’est le harcèlement permanent. Oui, le terme paraît fort, mais c’est proche de la réalité. En gros, c’est la nécessité de gérer énormément de routines de tous les instants (contrôles, resucrages, piqures…), d’anticiper le concret (approvisionnement, visites médicales, prises de sang). Au mieux on ne fait pas d’erreurs, on passe beaucoup de temps pour juste être vivant, décent, sur la ligne de départ. Pas évident de se motiver tous les instants pour ça.
Ne pas performer sur ces routines a deux effets délétères, le premier est la sensation de ne pas gérer, de ne pas être au niveau. La culpabilité augmente et on se sent littérallement…nul, n’ayons pas peur du mot. La note personnelle permanente (dont la glycémie qui est toujours trop haute ou trop basse), est épuisante. Il peut se produire un dénigrement permanent.
Le second est la dérive dans le temps et les conséquences à long terme de la procrastination sur le sujet, qui sont irrécupérables.
Transposition du mode harcèlement à l’entreprise
Dans l’entreprise, il y a aussi des sujets de fond, importants et non urgents, que nous avons du mal à traiter car ils sont facilement reportables. Ils ne passent jamais le filtre de la dictature du court terme. Finalement, traiter l’important non urgent, c’est un peu comme traiter le vrai problème de l’entreprise, celui qui ne se traite qu’au long cours, en s’y attelant tous les jours. Impossible d’en faire un super projet sexy visible, de faire la promotion de la discipline de tous les instants qui génère de la performance. De la vraie à mon sens. Mais impossible de lui associer un KPI, et ainsi on est plus reconnu à mettre en place une initiative à la mode, tendance, qui fait plaisir, qu’à se focaliser sur les fondamentaux du métier.
Et résoudre les problèmes et les écarts.
Quelques questions pour mettre en place une démarche de progrès en ce sens
Voici ce que j’aime demander à mes clients concernant une dimension qui ne fait pas rêver mais est essentielle, la discipline du quotidien (basé sur la transposition du harcèlement de la maladie chronique) :
Finalement, quelle est la maladie chronique de votre entreprise, celle qui tue à long terme ?
Si vous etiez condamné à rester à ce poste toute votre vie, qu’est-il vital de maîtriser, de faire progresser ?
Quels sont les fondamentaux de votre métier, les gestes et postures qui permettent de vraiment performer ?
Quel est votre rôle dans l’émergence et la maîtrise de ces fondamentaux ? Comment vous assurez-vous qu’ils soient sur le haut de la pile et traités ?
Quelles sont les routines managériales à mettre en place à votre niveau de dirigeant ? Et à déléguer à tous les étages ?
Comment mettez-vous en place une culture de standards, d’analyse d’écarts et de résolution de problème pour tous les jours progresser et performer au mieux ?
Comment valorisez-vous la maîtrise des fondamentaux et pas seulement les initiatives d’innovation visibles ? Comment valorisez-vous les héros du quotidien ?
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